dimanche 31 août 2014

Lis l’ambiance et tais-toi.

Comme je suis encore embarrassée d'idées reçues dont je ne sais pas quoi faire, j’ai jusque-là cantonné mes réflexions à des sujets futiles pour lesquels les erreurs d'analyse sont sans conséquence : les toilettes et les love hotels.

Alors que j'écris ces lignes, je ne prétendrais pas être intégré à la société japonaise. Il est probable que je ne le serai jamais. Et puis, encore faut-il que je détermine ce qui, à mes yeux, scellerait mon intégration : être en mesure de tenir une conversation en japonais ? Être invitée chez des Japonais ? Recevoir tous les mois des fiches de paye japonaises ?.. Allier les trois pourrait être un bon début et nous n'y sommes pas encore.

Parce qu'aller vers les gens me coûte, j'ai eu tendance à reporter la tâche sine die. J'ai donné priorité à l'administratif puis à la procrastination et il a fallu attendre plusieurs mois pour que je décide de sortir de ma coquille. Saisie de l'intuition que ce n'est pas en prenant des clichés exotico-kawaii pour mon Tumblr que je vais comprendre le Pays du Soleil Levant, j'ai entamé mon travail de socialisation.

Ici, la communication non-verbale est essentielle. Avant même d'avoir accès à la langue, il faut se familiariser avec ses codes et en premier lieu, la gestuelle : hochement de tête, courbure du torse plus ou moins prononcée, signe OK, etc.

J’ai encore du mal avec certains mouvements que je juge infantilisants : avant-bras en croix pour indiquer la négative ou l’interdiction — et souvent assorti d'un « dame! » que je traduirais volontiers par un « pas bien ! » —  ; le doigt pointé en l’air pour indiquer un élément auquel il faut prêter attention ou encore les vibrants bruits de succion supposés confirmer que l'on apprécie ce que l'on mange. Non, je ne m'y fais pas.

Par contre, de la même façon que je suis surprise des modulations de ma voix quand je parle japonais, il m'arrive d'emprunter certaines attitudes à mes élèves. On peut donc parfois me voir l'air pensif, la tête légèrement inclinée sur le côté, l'index sur le menton et les yeux en l'air pour indiquer à mon interlocuteur que je suis en train de réfléchir. Bientôt, je compterai en posant les doigts de ma main gauche dans la paume de ma main droite.

Il faut en parallèle se familiariser avec les aizuchi, ces interjections qui font que votre interlocuteur acquiesce à un rythme régulier pendant que vous exposez votre point de vue. Il peut ne pas être d'accord, il vous montre juste qu'il vous écoute et qu'il comprend votre raisonnement. Dans le cas d'une conversation en anglais, par contre, ses interjections peuvent seulement signifier qu'il est attentif à votre flot de paroles... mais il peut tout aussi bien ne pas avoir compris un traître mot de ce que vous venez de dire — le Japonais et le Français ont en commun d'être fâchés avec les langues étrangères.

De mon côté, je m'entraîne à ponctuer mes phrases de la manière la plus juste :

Oishii, ne ? → C'est délicieux, hein ?

Oishii, yo ! → Putaing, c'est trop bon !

Pendant plusieurs mois, je me suis entourée — volontairement ou non — d'expatriés. J'ai donc commencé à traîner avec Megumi, une de mes collègues du café de langue. Mais voir Megumi c'est un peu tricher, parce que plutôt que de suivre le parcours traditionnel qui aurait fait d'elle une office lady accomplie, elle a voyagé. Elle a vécu en Écosse et en Italie. Son anglais est parfait. Elle m'explique qu'elle se sent très différente de ses amies de lycée qui, selon elle, ne discutent que de sujets futiles. 

Francesc, un ami barcelonais envoyé à Tokyo par son entreprise et inquiet à l'idée de ne pas pouvoir y trouver la femme de sa vie, évoquait, lui, une certaine immaturité de la gent féminine nippone. Ce n'est qu'en creusant avec les uns et les autres qu'est apparu le point suivant : ici, il est très mal vu de contredire son interlocuteur. Parler de la pluie, du beau temps et des vêtements que l'on envisage d'acheter permet de limiter les risques de dérapage.

Hiroki, 28 ans, me raconte qu'enfant, un de ses professeurs qui le trouvait un peu trop impertinent l'a gentiment pris entre quatre yeux pour lui expliquer qu'aller dans le sens de son interlocuteur est une vertu. Natsumi, une de mes élèves, résume la situation en utilisant cette image populaire au Japon : sur une ligne de piquets, si l'un dépasse, il faudra taper dessus pour qu'il s'aligne avec les autres (ou, selon le proverbe : le clou qui dépasse appelle le coup de marteau.). 

Dans sa quarantaine bien entamée, une cliente du café de langue pour lequel je travaille expliquait un jour à ma table, qu'outre l'intérêt de pratiquer son anglais, fréquenter ce type d'endroits lui permet d'exprimer ses opinions plus librement qu'elle ne pourrait le faire avec ses propres ami(e)s.

Chez nous, échanger bruyamment sur des sujets polémiques sera considéré comme la saine manifestation d'un bel esprit, voire d'une franche amitié entre contradicteurs. Ayant vécu quelques mois à Strasbourg, Miki, une infirmière trentenaire, m'expliquait qu'au milieu d'un groupe de Français, elle ne parvenait jamais à s'exprimer. Le fait de tenter d'imposer son avis la met mal à l'aise alors que nous autres Français, n'hésitons pas à disserter en long, en large et en travers sur nos sentiments et points de vue — pertinents ou non.

Miki voyait dans cette différence deux conceptions antagonistes de la société. La première mettant en avant l'individu, la seconde privilégiant l'harmonie au sein du groupe. Cette dernière — s'oppose à et — prime sur l'opinion individuelle. Préservation de l'équilibre, retenue et souci permanent de ne pas heurter les sentiments d'autrui, voilà la Sainte Trinité de la communication à la japonaise. Même si entre amis proches, les échanges peuvent être un peu moins policés et que les choses tendent doucement à évoluer parmi les jeunes générations.

La marge de manœuvre qui s'ouvre alors repose sur la dernière compétence à maîtriser : kuukiwoyomu1, la capacité à lire l'atmosphère ; autrement dit, l'aptitude à comprendre les non-dits. Le sujet de la communication est complexe et plusieurs décennies ne seraient pas de trop pour en comprendre les tenants et les aboutissants. Dans le doute donc, abstiens-toi et acquiesce. 

1くうきをよみ ou 空気を読む

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dimanche 24 août 2014

Tokyo, M+6 : état des lieux (Partie II)

Une des choses fascinantes au Japon, c'est cette sensation que le pays n'a pas besoin de nous, les gaijins. Peut-être est-ce dû à l'usage continuel d'un anglais et d'un français approximatifs qui semble dire que si ces langages sont parfaits sur leurs devantures et sacs à main, leur usage correct reste, lui, du domaine de l'accessoire. Dans le pourtant très touristique Golden Gai à à Shinjuku, je suis tombée sur un bar qui annonçait en anglais : étrangers, vous êtes les bienvenus si vous parlez japonais.

Partie en mars avec un budget vacances, j'ai changé mon fusil d'épaule lorsque j'ai décidé de ne pas prendre mon vol retour. Pour me compliquer la tâche, j'ai considéré que pour vérifier que j'avais bien ma place ici, je devrais être en mesure de ne vivre que de mes rentrées d'argent à venir.

Pendant plusieurs mois, j'ai donc dû surveiller mes dépenses à la centaine de yens près, me conduisant à faire des repas dont le prix tournait autour d'un euro. Je n'ai jamais eu une âme de cuisinière et je me suis retrouvée à préparer des bols de soba agrémentés de sésame, d'algues, de wasabi et/ou de nattō. Des ingrédients locaux qui ne sont pas forcément censés se marier amenant les autochtones à ouvrir de grands yeux à l'évocation de mes expérimentations culinaires (originales mais lassantes). J'ai perdu du poids (un peu trop vite). Sans doute, ressemblais-je aux serveurs de ces restos bobo-bio dont les traits émaciés et le teint cireux contrastent avec les aliments multicolores dans les assiettes de la clientèle. Depuis, ça va mieux, j'ai réintroduit les calories inutiles dans mon alimentation.

Précaire à Tokyo : 6 mois d'agenda

Après avoir tiré le diable par la queue pendant les premiers mois, mon emploi du temps continue à se remplir. Je travaille quasiment tous les jours et je commence à pouvoir sortir sans — trop — m’inquiéter de mon budget. Pour ce qui est des restaurants, la qualité est la règle. A partir de là, différents degrés de finesse peuvent être atteints. Les prix varient du simple au quintuple pour une différence de qualité que je ne suis, par chance, pas vraiment en mesure d'apprécier. Je vis donc — correctement — avec des revenus mensuels tournant autour de 900€ (desquels je déduis 500€ de loyer pour les 9,7m2 de ma cellule en gaijin house).

Mais je triche : mon forfait téléphonique est encore prélevé sur mon compte français et les cadeaux que j'ai pu faire pendant la période ont été payés avec ce même argent — je n'allais pas pousser le vice à choisir entre Mario Kart 8 et me nourrir pendant deux semaines. De toute façon, la carte obtenue par défaut à l'ouverture d'un compte à la banque postale japonaise ne permet que les retraits.

Payer ses soba (et son loyer)

A côté de mes activités de figuration (à propos desquelles je me suis répandue ici, ici et ici), j'ai cherché à faire ce que je sais faire : donner des cours de langue. Depuis mars, j'ai rencontré 30 personnes souhaitant étudier le français et/ou l'anglais et je continue à voir la moitié d'entre eux.

Généralement, au Japon, le premier cours particulier est gratuit. Même si je trouve l'idée discutable, je me suis un moment pliée à la règle... jusqu'à ma rencontre avec Kentarou, un trentenaire qui souhaitait pratiquer son anglais. Problème : après m'avoir expliqué ne s'intéresser ni à la grammaire ni à la culture, il a passé l'heure à se frotter l'entre-jambe avec plus ou moins de discrétion. Depuis cette longue, très longue heure, mon cours d'essai est passé à 1500¥ et je n'ai, pour le moment, plus eu de mauvaises surprises.

Les débuts ont été difficiles. Comme la plupart des sites de mise en relation professeurs/élèves demandent énormément d'informations étranges, il était difficile d'identifier où le bât blessait. Était-ce le fait que je sois verseau ? Mon 1m50 ? Ma couleur préférée ? Mes 30 ans ? Mon groupe sanguin ? Mes hobbies ? Mon film préféré ?

Je me suis posée beaucoup de questions mais progressivement la situation s'est améliorée — sans avoir eu besoin de prétendre avoir 25 ans et adorer Frozen. Je donne un peu plus d'une dizaine de cours par semaine et, comble du bonheur, mes élèves m'écrivent des messages poétiques et m'offrent des trucs à boire et à manger.

... Mais si ça ne se finit pas dans le scintillement d'un œil, à quoi bon ?

A côté des cours, il y a aussi l'animation de conversations dans un "café de langue" (il s'agit en fait d'une salle avec tables rondes, chaises et deux variétés de thé à disposition des clients). A raison de trois heures et demi par session, je suis amenée à exercer mon broken English avec des inconnus sur des sujets divers et, cédons au jeu de mots discutable (mais quel jeu de mots ne l'est pas ?), avariés.

L'exercice est pénible même s'il m'arrive parfois de passer un bon moment, voire d'entendre des histoires improbables. Ainsi l'un d'eux, Roppongi King, nous a expliqué s’être fait jeter par sa copine pour cause d'incompatibilité de groupe sanguin. Le fait d'appartenir au groupe B le rendrait par ailleurs plus susceptible de voir des fantômes. Gamin, celui de son père leur a rendu visite, à son frère et à lui. Ils ont eu très peur mais après avoir apporté une obole au temple, ils ne l’ont plus jamais revu. All is well that ends well.

Parce que c'est une île

J'ai longtemps pensé que, plein de son insularité, le Japon était le lieu où les clichés se vérifiaient immanquablement. Pourtant, même si le pays est riche en contrastes (mais quel pays ne l'est pas ?), je commence à entrapercevoir les nuances. J'observe des petites incivilités — presque rassurantes — et je vois des Japonais bien plus ouverts sur le monde que je ne le serai jamais. Cette dernière affirmation me coûte d'autant moins que je ne saurais me placer en modèle d'ouverture.

Ma compréhension de la société n'en est qu'à ses balbutiements. Je commence néanmoins à penser à mon avenir et aux options qui s’offrent à moi. Si ma précarité est acceptable pour le moment, il n'est pas raisonnable d'en faire un mode de vie sur le long terme.

Le fait est que je ne sais plus vraiment ce que je pourrais faire à Paris et que j’ai peur de ne plus arriver à y être heureuse. Paradoxalement, l'hypothèse — crédible — que je finisse par m'installer ici et que je doive renoncer aux choses qui commencent à me manquer (les dimanches à Villiers-sur-Marne, mes proches, l'atmosphère parisienne et mon abonnement UGC Illimité) provoque en moi une angoisse à peine perceptible. Mais je sais qu'il serait déplacé de me plaindre et qu'à l'heure actuelle, je suis là où je veux être. Même si, oui, c'est une île et qu'elle est un peu loin.

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Tokyo, M+3 : état des lieux 
Tokyo, M+6 : état des lieux (Partie I)

mercredi 20 août 2014

Tokyo, M+6 : état des lieux (Partie I)

Parapluies perdus : 2 (Lieu et circonstances non clairement identifiés) 
Parapluie gagné : 1 (Lieu : Gotanda1, circonstances : sous une pluie battante, j'attendais l'accalmie sous le store d'un magasin ; une dame s'est approchée, m'a tendu le sien et est repartie héler un taxi.)

Ces six mois sont-ils passés vite ? Oui et non. La période a été suffisamment riche pour que j'ai l'impression d'avoir quitté Paris plusieurs années en arrière. Et sans chercher à verser dans le romantisme, je me réjouis au quotidien de pouvoir vivre cette expérience.

J'aime le fait de me sentir en sécurité, n'importe où et à n'importe quelle heure. En tant que femme, ce sentiment est d'autant plus appréciable et précieux — même si on s'habitue vite à ce genre de « luxes ». J'aime aussi avoir l’œil attiré par un truc non identifié dans une boîte mignonne à la caisse du supermarché, me demander à quoi ça sert et réaliser que « ah bah, ça sert à rien... ».

Appelle-moi Lune de Pacotille

Il y a d'abord eu l’exhalation de découvrir une langue dans laquelle je n'avais pas d'autre repère que celui de savoir que « tomate » se dit « tomato ». Un peu moins réjouissant, j'ai réalisé que mon niveau d'anglais n'était pas aussi amazing que ce que j'imaginais. Par chance, je n'étais pas à une remise en question près.

J'ai passé plusieurs semaines à m'astreindre tous les matins à regarder les programmes pour enfants en me disant que bientôt, je les comprendrai. Les mois ont passé et, mis à part quelques chorégraphies d'une utilité relative en société, je n'en n'ai pas tiré grand-chose.

NHK Eテル, 8h37 un beau jour de mars 2014
J'ai été prise dans les débats pédagogiques de ceux qui considèrent qu'il est plus simple de débuter son apprentissage directement en kana (hiragana et katakana, les phonèmes japonais) plutôt qu'en rōmaji (l'alphabet latin) et de ceux qui t'expliquent que plutôt que d'écrire en kana, il est préférable d'utiliser directement les kanji (les idéogrammes chinois). 
 
Concrètement, si j'ai très vite appris à lire les trucs vraiment importants, tels que カロリゼロ(karori zero), après six mois et un premier trimestre de cours2, je commence seulement à pouvoir écrire en kana, en utilisant les trois pauvre kanjis que je sais tracer. J'arrive à rédiger des messages courts dans un japonais approximatif — en comprenant de travers une question sur deux. J'ai ainsi découvert que mon prénom, devenu Agatsu3 pour en faciliter la prononciation, peut signifier, au choix, Lune paisible ou Lune de pacotille. 
 
J'ai encore beaucoup de mal avec les compteurs. En japonais, on compte différemment selon la catégorie de la chose (êtres humains, animaux de compagnie, étages, minutes, âge, objets longs et plats, objets cylindriques, etc.) les nuances me semblent encore infinies et c'est parfois décourageant. Je dois aussi comprendre qu'un phonème qui se lit « fu » peut être à la fois « fu » et un son étrange, similaire à celui produit quand on souffle sur des aliments pour les refroidir.

Parce que mon niveau de japonais était en deçà du sommaire, mes premiers mois de sociabilisation ont essentiellement consisté à fréquenter des expatriés. Ce n'était pas vraiment un choix. Simplement, comme il ne me paraissait pas très professionnel de fréquenter mes élèves, les liens que j'ai pu tisser ne l'ont été qu'avec des anglophones (et quelques francophones).  

Mais les choses évoluent doucement. Il m'arrive d'apporter des explications rudimentaires en japonais à certains élèves non-anglophones. Je discute avec ma caissière au supermarché. Je lui dis, en japonais, des trucs comme : « C'est pas cher, hein dites donc ! » Elle est bon public, elle rit. Il m'arrive de voir des élèves dans un cadre non-professionnel et j'ai même expliqué à un Japonais avec qui je préparais un okonomiyaki4 qu'il était trop tôt pour le retourner ET... il était effectivement trop tôt pour le retourner.  

Santé : je comprends (vaguement) les risques et je les accepte.  

Je n'ai toujours pas la moindre idée de mon degré d'exposition aux radiations mais je suis allée à la plage (deux fois) et j'ai mangé autant de sushi que mon budget précaire me l'a permis. Je peux maintenant dire que ma préférence va à l'engawa5et que, irradié ou pas, je pourrais en manger des tonnes. 

Du coup, entre les orgies de sushi, les tempuras et le karaage6, est-ce qu'on mincit vraiment au Japon ? Honnêtement, je n'ai aucune certitude là-dessus. Mais le fait est qu'à Tokyo, une foule de restaurants offrent la possibilité de faire un vrai repas équilibré, et sinon délicieux au moins très bon, pour moins de cinq euros (chose impensable à Paris). Je ne connaissais pas mon poids initial mais depuis que j'ai découvert une balance dans ma résidence, j'ai oscillé entre 44 et 47 kilos, avec une moyenne un peu en dessous de 45 kg. Mon indice de masse corporelle se situe donc autour de 20. Je pense que c'est très bien, et que le bénéfice en revient à la rajio taisou, la gymnastique à laquelle ma télévision et moi nous astreignons tous les matins :

 

Un autre mystère de mon quotidien est d'avoir jusque-là échappé à un accident de vélo. A Tokyo, les cyclistes sont les rois du trottoir, ils frôlent les passants avec une confiance qui me paraît complètement injustifiée — considérant ma tendance aux déplacements irrationnels. En prévision du moment où l'un d'entre eux me rentrera dedans, je vais donc tous les mois payer les 1290 yens (soit 9,40€) de mon assurance santé — publique — à l'épicerie du coin. Et l'expérience me paraît encore suffisamment exotique pour ne rien trouver à y redire. 

1五反田, quartier du Sud-Est de Tokyo appartenant à l'arrondissement de Shinagawa (品川区, Shinagawa-ku)
2Des cours de japonais sont proposés gratuitement à leurs résidents par chacun des arrondissements de Tokyo. Entre mai et juillet, j'ai donc pu profiter de deux matinées par semaine de cours animés par des volontaires.
3 En katakana :アガッツ et en kanji : 安 月
4L’okonomiyaki (お好み焼き) est une sorte d'omelette dans laquelle on mélange différents ingrédients au choix. On le fait généralement cuire soi-même sur une plaque chauffante incrustée dans la table du restaurant.
5L'engawa (えんがわ), est le sushi tiré d'un poisson appelé flet (flounder en anglais). Sa chair est blanche, sa texture est généralement fondante et son goût rappelle celui de l'huile de foie de morue.
6Le karaage (から揚げ) est une technique de friture japonaise. Le plus commun reste le karaage de poulet.

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Tokyo, M+3 : état des lieux
Tokyo, M+6 : état des lieux (Partie II)