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mardi 16 septembre 2014

Récit : 12 heures dans l'Electric Town d'Akihabara

Incitation au divertissement criard, Akihabara représente par certains aspects le pire de la culture japonaise. Son Electric Town, c'est d'abord la Chuo-dori le long de laquelle s'enchainent plusieurs centaines de magasins d'électronique, une dizaine d'immenses game centers et plusieurs dizaines de maid cafés et autres cafés à chats, ninjas, catins-câlins, etc. Les déclinaisons semblent sans fin. On arrive intrigué et si l'amusement cède parfois le pas à la désolation, on repart avec des figurines pour lesquelles s'est révélé un réel besoin. Ayant perdu tout recul, j'ai fini par sincèrement aimer l'endroit.

Don Quijote Akihabara, 7h27

Il est 6h20 quand je quitte Asakusa. Les poubelles et une poignée de piétons sont dans la rue. Seuls les konbini et le Don Quijote fonctionnent. J'aime ce moment de plein jour un peu mort et ça tombe bien, j'ai 45 minutes de marche devant moi pour en profiter.

7h04, le long des rails de la ligne Yamanote qui relie Ueno et Akihabara, je devance une jeune femme souffrant de rachitisme. C'est une des premières choses qui m'ont frappée au Japon : le nombre de personnes, généralement âgées, ayant les jambes arquées. Je n'ai trouvé que peu d'articles sur le sujet, alors qu'ici le problème est courant, voire banal.

7h10, j'arrive à la station JR d'Akihabara. Sans surprise, seuls le Vie de France et quelques autres chaines de café sont ouverts. J'achète un onigiri thon cru-wasabi au premier konbini venu. Les employés de bureau sont en marche, je suis la seule touriste.

7h27, je longe la Chuo-dori. Tous les stores sont baissés et de nombreux camions circulent. Je découvre que le Don Quijote est fermé. Electric Town vit au rythme des games centers et des magasins d’électronique, généralement ouverts entre 10h et 23h. Passé minuit, Akihabara devient une ville fantôme. S'y aventurer à une heure tardive, c'est risquer de se confronter à... rien.

Distributeur de ramen en canette
8h13, dans une petite rue, le premier distributeur de boissons chaudes que je retrouve depuis le début de l'été est un distributeur de soupes ramen en canette. Et ils ont poussé le raffinement jusqu'à disposer des petites poupées en tissus dans la vitrine. Plus de doute possible, les Japonais sont les rois du merchandising.

10h05, les inévitables touristes français s'engouffrent dans le Don Quijote qui vient d'ouvrir. Pour moi, c'est l'heure de pister les otakus en costume cravate qui, plutôt que d'aller travailler, vont passer quelques heures dans une salle d'arcade.

10h18, J-pop mortifère et bruitages cacophoniques : Bienvenue au Sega Center, l'un des principaux game centers de la zone.

Il n'y a qu'au Japon que l'on peut espérer gagner une tranche de saumon en peluche qui sourit. Je me dois d'essayer. Dans les secondes qui suivent, je perds 100 yens et ce qu'il me restait d'illusions quant à mon habileté.


Je poursuis mon ascension en sachant que chaque étage sera plus sombre, bruyant et enfumé que le précédent. Au troisième niveau, je découvre l'existence d'un jeu de simulation mettant en scène des écolières-chanteuses-zombies.

Je quitte l'endroit alors que les otakus confiants dans leur doigté expert prennent leurs marques sur les UFO catchers. Ils pourraient essayer de gagner des bonbons ou des plats cuisinés en sachet mais leur Graal s'avère généralement être une figurine aux proportions inhumaines. La culotte blanche ce qu'il faut visible est un prérequis mais, ode à la diversité ou relents d'une insidieuse culture pédophile, la taille du bonnet de soutien-gorges reste variable.

11h03, en me promenant dans les rues adjacentes, je tombe sur une boucherie. C'est une grande vitrine à partir de laquelle la clientèle commandera depuis l'extérieur. Au Japon, le métier de boucher, mal considéré, est réservé aux Burakumin, les personnes de la communauté. Ces derniers forment une véritable caste, victime d'une ségrégation qui remonte à la période féodale. Essayer d'en savoir plus reste difficile, surtout lorsqu'on arrive avec des questions candides — Mais pourquoi ? Depuis combien de temps ? auxquelles les Japonais ne souhaitent généralement pas répondre. Le sort des Burakumin reste un tabou majeur.

J'essaie de distinguer sur le visage du marchand un signe qui trahirait son appartenance à une ethnie particulière et je me rappelle le "Chut, ils sont partout !" employé pour me faire taire par l'un de mes élèves que je questionnais sur le sujet. Je poursuis ma route.

11h27, de retour sur l'axe principal, je réalise que la foule est arrivée, les vendeurs haranguent le chaland au micro et la musique est  trop forte.

11h30, je croise ma première soubrette de la journée qui, tout sourire, distribue ses prospectus. Je m'arrête un moment pour l'observer. Ça n'a pas l'air de marcher très fort pour elle et je la surprends à relâcher le sourire pour faire clairement la moue. Quelques pas de danse suggérés par le manager qui lui parle dans l'oreillette, elle reprend son sourire figé. La journée s'annonce longue.

11h50, j'ai faim mais entre les maid cafés, les restaurants de spaghettis-bolognaise-œuf-sur-le-plat et les chaînes occidentales, je sais que ce n'est pas à Akihabara que je vais vivre une grande expérience culinaire. Mon seul espoir se trouve dans les rues adjacentes à la Chuo-dori où, après de longues minutes d’errance,  je finis par tomber sur un restaurant qui m'inspire confiance.

Comme je tiens à peine sur mon tabouret, je me demande comment font les gens aux dimensions normales. J'arrive à la conclusion qu'ils débordent, c'est inévitable. Le plat que je commande s'avère être parfaitement à mon goût. Du riz ferme et tiède recouvert de nattō, de thon gras broyé et de différents condiments. Les fils du nattō relient élégamment ma bouche à mon bol, je suis enchantée. Un groupe de touristes chinois rejoint ma table. Ça se confirme, mon voisin déborde même si, malin, il prend appui contre le mur derrière nous. Alors que je quitte les lieux, ce dernier affirme son statut de gaijin XL en recommandant une portion.
12h44, Macdonald´s Japon sort un milkshake parfum patate douce, en édition limitée. Je découvre qu'en plus d'une belle couleur de glace à la myrtille, il a un bon goût de tarte tatin, je suis séduite.

12h55,j'arrive au premier étage d'Akibazone, fief de l'otaku gavé au fan service. Sur fond de J-pop qui couine, je suis accueillie par un irrrashaimase à la fois paresseux, mécanique et agressif. Cet employé est probablement malheureux, en tous cas, il me fait peur.


Contemplant les images d'héroïnes de manga dénudées vendues autour de 20€ l'unité, je réalise que je perturbe les recherches d'un collectionneur d'une vingtaine d'années, encore dans son costume de salarymen. Aux regards mauvais qu'il me lance, je peux le dire, il est agacé. Je vais donc trainer au rayon porno où là, par contre, les clients, absorbés par des images dégoulinantes de fluides corporels ou par le choix d'une housse de polochon sexy — oui : housse-de-polochon-sexy  —, ne font pas cas de moi.

Après avoir fait le tour de l'étage consacré aux figurines, je décrète ne pas avoir absolument besoin d'un nouveau porte-clefs. J'ai de longues heures devant moi pour changer d'avis.

... parce que quand même, un porte-clefs, ça doit faire du bruit en tombant et le mien est en tissus, alors bon....

Et soudain, sur ma route, un petit taudis.13h39.
Je visite maintenant le Mandarake Complex et ses huit étages de produits bizarres/vintages. Chacune des huit boutiques a sa spécialité : bandes dessinées, poupées et monstres effrayants, voiturettes, jeux de société, souvent dans leur emballage d'origine. Antre du bizarre parfaitement agencé, l'endroit est enchanteur.



14h18, il est temps d'aller voir ce qui se passe au Don Quijote. Le Donki d'Akihabara est plein de surprises : on peut y acheter une myriade de produits incroyables, y observer les otaku in vivo danser frénétiquement sur les arcades de DanceDanceRevolution, on peut aussi se rendre à la boutique AKB48 attenante à la salle de concert du groupe où chaque soir, il est possible d'assister au spectacle de l'une de ses quatre "équipe". Néanmoins, pour obtenir le sésame permettant de frapper l'air en rythme avec son tube luminescent, la route est semée d'embûches. J'ai pour ma part été stoppée dans mon élan par la lecture des instructions en ligne.

Nous avions discuté du phénomène avec Natsumi, une de mes élèves proche de la trentaine. Elle-même fan du groupe, elle partage sa passion avec son mari, l'un et l'autre ayant leur membre préféré. Est-ce source de tensions ? Non, non... chacun sa préférée, c'est tout. Elle m'apprend que le groupe collectionne les records de ventes d'albums. La raison serait qu'avec chaque disque, on obtient ticket permettant de serrer la main de l'une d'entre elle pendant 10 secondes. J'avais alors répondu en ouvrant de grands yeux, peut-être ai-je même laissé échapper un : "Oh putain..."

Mais aujourd'hui, la boutique est vide. J'apprends tout de même que leur 36ème et dernier Maxi Single s'intitule Labrador Retriever.

...
LABRADOR RETRIEVER.
...

Comme les mots me manquent, un intermède musical — de 6 minutes 30 — s'impose.


Je prends une photo avant que l'une des caissières me hèle. Je me retourne, prenant mon meilleur air de gaijin idiote — la tête légèrement penchée sur le côté, toujours — pendant qu'elle me fait signe que non, dame desu. Je m'excuse et je pars. 

15h, pour me remettre de ces émotions, je me rends au café Moco. Sa décoration rétro, ce qu'il faut discordante et ses fauteuils moelleux en font l'un des endroits les plus agréables du quartier. Leur sélection musicale est à la fois étrange et discrète et j'aime la vieille dame lunaire qui gère le lieu. Cerise sur le gâteau, l'espace est fumeur. Il y flotte une légère odeur que, bien que je sois non-fumeuse, je n'hésiterai pas à qualifier d'agréable — et il en sera probablement de même pour quiconque a grandi auprès de parents fumeurs. 

Surprise que le thé vert en glaçons broyés dans un verre de lait pour lequel j'ai opté soit une bonne idée, je découvre sur un prospectus tout ce que je rate en n'étant pas au café Maidream tout proche. 

Dans un souci de transparence, je retranscris les informations au caractère près :

How to enjoy MAIDREAM
1. First. Forget all bad memories you have.
2. Maids take you to the seat.
3. Maids do an easy celemony of dream candle.
4. Please oder something you like. Maids will bring the food and drink Before you eat maids do magic to make the food and drink more delicious.
5. Plus, if you oder special menu (WAGAMAMA SET), you can see dance performance.
Before you eat maids do magic to make the food more delicious. If you oder omelette rice you can see maids drawing.

Pour ceux qui seraient étrangers à l'anglais japonais, sachez qu'outre une exhortation à oublier tous mes mauvais souvenirs, je passe à côté d'une petite célémonie de bougie de rêve (sic), de magie pour que ce que je suis sur le point d'ingérer soit plus délicieux (sic) et, si je suis d'humeur à prendre un menu spécial, d'une danse, voire de dessins au ketchup sur mon omelette — évidemment, ces malheureuses ne peuvent pas savoir que je n'aime ni l'omelette ni le ketchup.

Je ne vois pas le temps passer mais à 16h10, je me sens obligée de partir. C'est une mauvaise idée, parce que dehors rien n'a changé et il ne flotte pas cette odeur étrangement réconfortante de cigarette. 

Je traîne sans but dans les principaux magasins d'électronique. Je m'ennuie un peu.

18h, la nuit est en train de tomber, je reçois quelques gouttes sur le visage et un marginal crie devant le poste de police. Ses propos n'ont pas l'air de beaucoup émouvoir les agents qui le regardent s'époumoner depuis leur guérite. Je sais au son de sa voix qu'il est très contrarié, je ne suis pas en mesure de déterminer pourquoi.

 18h15, il pleut vraiment. Je me réfugie dans le premier magasin venu : le M's, sept niveaux entièrement consacrés au sexe. Est-ce la fatigue ou ces Libidolls au torse de petit garçon que l'on honore au niveau du nombril ? Le fait est que croiser le regard des clients, des hommes pour la plupart, me demande un réel effort. Me voilà devenue prude.

18h22, il s'est arrêté de pleuvoir. Mouillée, ma chevelure est imprégnée d'une odeur de cigarette qui ne suscite plus aucune nostalgie. Non, mes cheveux puent. Je rentre à la maison. 

Police de la coquille, merci de me contacter en cas de besoin !

mardi 17 juin 2014

Don Quijote, shopping miracle et coussin-étron



Lieu de perdition par excellence, je me dois de placer Don Quijote (Donki pour les intimes), au sommet des éléments emblématiques du Japon. J’ai bien conscience qu’élever un magasin au rang de symbole d’un pays, c’est véhiculer l’idée que je n’ai rien compris à la vie. Parce que oui, je pourrais passer mes journées à m’initier à la calligraphie et à l’ikebana (l’art de la composition florale) mais au lieu de ça, je préfère perdre mon temps dans un supermarché discount qui a pris pour icône un pingouin bleu obèse, coiffé d’un bonnet de Père Noël. Shikata ga nai[1], mon ami(e).

Selon son site, le modèle économique de l’enseigne repose sur trois axes : praticité, promotion et… divertissement. Au Japon, tout ce qui n’est pas travail se doit d’être divertissant. Miracle Shopping, le sautillant thème diffusé en boucle dans les 160 établissements du groupe et dont le Don, don, don, donqui, donqui… joteeehhhh se grave sournoisement dans le cerveau prêche la bonne parole.

« C’est comme une chasse au trésor… Premier arrivé, premier servi… Même en pleine nuit… Une jungle de bonnes affaires… » (http://picosong.com/P4sS)

Son interprète, une certaine Maimi Tanaka, nous explique ça avec un tel entrain qu’il est difficile de ne pas la croire. Elle est présentée sur la page Wikipédia de l’entreprise comme l’une de ses employés. J’ai eu beau chercher d’autres informations, cette brave Mademoiselle Tanaka pourrait aussi bien être décédée quoi qu’à ce moment-là, j’aurais peut-être trouvé plus d’éléments. En attendant, l’anecdote participe à la popularité de la chaîne. Et c’est vrai que parfois, en pleine nuit, on ressent le besoin d’aller essayer cette élégante coiffe en forme de Nigiri ou de découvrir le coussin en forme d’étron que notre ami(e) a vu la veille au troisième étage. Parce que non, ce genre de choses n’attend pas.



Avec un petit côté Babou en plus improbable, Don Quijote me rappelle le Perthus. Et j’imagine qu’il est possible de remplacer le Perthus par le nom de n’importe quelle autre ville frontalière dont les magasins débordent de produits détaxés supposément exotiques. Enfant, J'adorais passer la journée au Perthus. C'est d’ailleurs là que j'ai réclamé à ma grand-mère ce ravissant petit ensemble veste/mini-jupe en skaï, en vain. Et si je ne sais pas d'où vient cette passion enfantine pour le putassier, une association d'idées débouchant sur une autre, je crois pouvoir dire que Donki est un magasin vulgaire-sympa, chargé de ce parfum d’alcool bradé, de nourriture un peu trop grasse et de mignon ensemble en skaï taille 6 ans.

J’aime passer tôt le matin devant celui du quartier d’Asakusa et voir les employés retirer les bâches des sept gigantesques aquariums qui encadrent l’entrée. J’aime aussi passer de longues minutes à regarder le fugu du bocal principal parce que je sais qu’il me reconnaît et que quand il est de bonne humeur, il vient me dire bonjour. Fugu avec sa tête large est le seul à avoir la place pour un vrai cerveau et c’est, avec son regard mélancolique, ce qui me plaît chez lui. 



Entre alimentaire ennuyeux et produits d’hygiène dont la clientèle n’a pas su quoi faire, l’entrée se veut hall des bonnes affaires. On découvre les couleurs criardes et l’agencement foutraque emblématiques du lieu. Le reste du niveau est consacré à l’alimentaire et est grossièrement divisé en trois parties : snacks salés (grande variété de poissons et de céphalopodes séchés), snacks sucrés, snacks sucrés à base de matcha (la poudre de thé vert). Le matcha au Japon, ce serait le chocolat partout ailleurs. A peu près tout ce qui est sucré doit pouvoir se décliner parfum matcha. En cherchant bien, là-bas au fond, on trouvera aussi quelques légumes et yaourts. ça déborde et ça manque de logique mais c'est normal parce que comme l’explique Maimi, c’est une jungle de bonnes affaires et qui dit jungle de bonnes affaires dit qu’il serait donc complètement idiot de tomber directement sur le produit que l’on cherche.

A l’étage du dessus, il fait bon s’asseoir sur les banquettes pour regarder les adolescentes se remaquiller. Les gens qui appliquent sur leur visage les cosmétiques d’exposition me fascinent. Toutes les adolescentes du monde font ça mais j’imaginais naïvement que les Japonais(es) avaient un plus grand souci de l’hygiène que, disons, les Français(es) je confesse avoir déjà moi-même refait ma manucure sur place. J’ai envie de les arrêter, de leur dire que c’est sale mais je n’en fais rien. Je les contemple. Je connais un secret que je n’ai pas le droit de leur révéler : jeune fille, demain, tu vas avoir plein de boutons et il ne faudra pas venir te plaindre.




Il ne faudra pas non plus manquer les produits d’Unicharm qui propose des serviettes hygiéniques « cochon-ailé-couronné » pour vous, Mesdames. La marque, soucieuse d’élargir son marché, n’oublie pas votre meilleure amie à quatre pattes. Difficile de ne pas s’interroger sur ce qui s’est passé dans la tête des personnes en charge du design du premier mais je suis séduite.


Au même étage que le coussin-caca, on pourra également se laisser tenter par un petit sac Chanel. Un coup d’œil distrait laisserait penser que les produits ont directement été importés de la porte de Clignancourt mais les antivols et les prix indiquent, eux, que ces jolies choses sont bien authentiques. D’étranges mannequins en plastique simplement vêtus d’un tablier de cuisine pour promouvoir les parfums Fendi ; un vilain poney en peluche, son étiquette encore attachée à l’oreille et des fleurs en plastique pour inciter à l’achat d’un portefeuille Hermès à 1500€ ; ici plus que n’importe où dans le magasin, le merchandising laisse songeur. Chères enseignes parisiennes, les Japonais viennent de redéfinir la notion d’extravagance, il est temps de vous mettre à la page.


En matière de vulgarité, Don Quijote a plus d’une corde à son sac [quitte à céder aux jeux de mots, autant qu’ils soient complètement à côté de la plaque, merci de votre compréhension.]. Le magasin a d’ailleurs son propre rayon sex shop correctement fourni en produits plus ou moins glauques (mention spéciale pour les vagins factices disponibles aux dimensions « petite fille »). Par contre, au moment de passer en caisse avec des préservatifs ou des serviettes hygiéniques cochon-ailé-couronné, le caissier, d’habitude soucieux de commenter à haute voix chacune de ses actions sur le modèle du « je scanne ça et ça coûte tant », restera silencieux. Et pour éviter de contaminer le reste des achats, il glissera discrètement le produit à part dans un sachet en papier opaque. 

C’est aussi ça le miracle shopping.

 www.donki.com 


[1] En vrai japonais : 仕方がない, « on ne peut rien y changer ».

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